CONVIVIALITé
Il y a
quelques semaines, je faisais la queue
devant une caisse de
A la même
période, je rencontrais sur la promenade
de
Sur cette
même place, une commerçante vit un
calvaire similaire, obligée de se calfeutrer dans son échoppe, elle a fini par protester en plaçant une
pancarte sur sa devanture.
difficile
de vivre la ville ?
Ceci est
un exemple parmi tant d’autres, qui
illustre la difficulté de vivre la ville, de faire vivre une ville. Ceux qui ne
sont pas soumis à la lancinante succession des morceaux musicaux plus ou moins
bien exécutés, qui se répètent jour
après jour, nuits après nuits, ne peuvent comprendre l'exaspération. Le passage
d’un musicien lorsque que l’on est assis pour quelques minutes sur la terrasse
d’un bistrot est souvent agréable. Lorsque par contre, après une journée de boulot, on se retrouve chez soi et que l’on se
surprend à se dire «Non, encore ces
Brésiliens..» ou «Ah, non, c’est pas
vrai, Kalinka… encore !», c’est une
toute autre histoire.
La convivialité: un art
de vivre!
Comment
vivre ensemble dans nos villes, comment exercer cet art de vivre que l’on
appelle convivialité. Comment concilier des intérêts divergents ou apparemment
divergents.
A
l’origine des tensions qui égrainent la vie de nos villes, se trouve souvent
l’absence d’imagination, l’absence de
l’imagination de l’autre. Se mettre simplement à la place des autres
pour quelques instants.
Souvent, lorsque des jeunes et des moins jeunes
sortent d’un pub ou d’une boîte de nuit en hurlant, ils ne pensent pas un
seconde que des habitants essaient,
juste au-dessus de leurs têtes, de trouver le sommeil
réparateurLorsqu’un motocycliste pose son véhicule sur le trottoir, il ne se doute pas que quelques instants plus
tard une mère avec une poussette ou une personne âgée avec un ‘cadi’ risquent
d’être bloquées et devront laborieusement descendre du trottoir pour contourner
l’obstacle. Lorsqu’un automobiliste se gare sur une piste cyclable, comme à la
rue de l’Hôtel de ville, il n’imagine certainement pas que des enfants à vélo,
sur le trajet de leur école, devront les contourner en risquant de se trouver,
à la grande frayeur de leurs parents,
face à face avec des voitures empruntant la rue dans l’autre sens.
Place
aux dialogues
La
convivialité n’est pas acquise, la convivialité se construit grâce aux
dialogues, à l’écoute de l’autre, à l’intérêt et au respect des différences.
Elle se construit sur l’exercice d’une certaine tolérance. La convivialité est
un équilibre instable, telle la vie, mais c’est un passage obligé si l’on veut
vivre bien ensemble.
Si ceci
est vrai pour les usagers de notre centre ville, ceci est encore plus vrai pour
nos autorités.
Ce sont
eux qui doivent mettre en place les règles du jeu, ce sont eux qui doivent
assurer que le jeu se déroule harmonieusement et sans tricherie.
Les
exemples choisis dans cet édito ne sont pas anodins. Ils sont tous directement
liés à des lacunes et des manquements de nos autorités genevoises. Comment se
fait-il que les pouvoirs publics aient abandonné le régime des patentes données
aux chanteurs ambulants. C’est le seul moyen de faire une sélection basée sur
la qualité et la diversité, les responsables du RER à Paris l’ont bien compris.
Comment expliquer cette absence de sanctions à l’encontre des motos qui se
garent partout et n’importe où. En est-il de même à Lausanne ou Zurich? Comment
accepter que certaines de «nos autorités» ne respectent pas les règles de
stationnement, notamment dans le cas de
la piste cyclable de la rue de l’Hôtel de ville ? Comment accepter qu’au centre ville genevois,
des établissements, dits publics, continuent impunément à perturber nos
nuits, alors qu’à Neuchâtel, de gros
efforts sont faits pour régler ce problème.
La
convivialité,
une
responsabilité de tous
La
convivialité est une responsabilité de tous, les associations du centre ville y
contribuent à longueur d’années,
notamment par des animations de quartier. Nos autorités aussi, et la
fête de la musique en est un bon exemple, mais ces mêmes autorités doivent
créer les conditions de l’exercice d’une convivialité sereine. On se chargera
de le leur rappeler.
jdl